déclencheurs du TSPT
Les personnes souffrant de Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT) décrivent souvent des réactions intenses et immédiates face à des stimuli qui paraissent anodins à leur entourage. Un bruit, une odeur, une posture corporelle ou une situation relationnelle peuvent provoquer une montée d’angoisse brutale, une dissociation ou des réactions corporelles incontrôlables.
Ces réactions correspondent à des déclencheurs traumatiques, dont la compréhension nécessite une lecture en termes de neurobiologie des déclencheurs du TSPT. Le TSPT n’est ni une faiblesse, ni un manque de contrôle émotionnel : il correspond à une modification durable du fonctionnement des circuits cérébraux impliqués dans la mémoire, la peur et la régulation du stress.
déclencheurs du TSPT
Les déclencheurs traumatiques : une réactivation neurobiologique
Dans le champ de la psychotraumatologie contemporaine (notamment chez Janina Fisher ou Emmanuel Contamin), le déclencheur (trigger) est défini comme un stimulus interne ou externe qui réactive un réseau de mémoire traumatique non intégré.
Contrairement à un souvenir autobiographique classique, dans le trouble de stress post traumatique, les déclencheurs ne réativent pas un souvenir autobiographique mais un réseau de mémoire traumatique non-intégré. Le cerveau ne se rappelle pas : il réagit comme si le danger était à nouveau présent. Cette distinction est centrale pour comprendre la violence des réactions observées.
déclencheurs du TSPT
Les bases neurobiologiques du TSPT
L’échec de l’intégration traumatique : hippocampe et amygdale
Dans un fonctionnement neurologique habituel, l’hippocampe joue le rôle d’archiviste : il contextualise les expériences et les inscrit dans une chronologie.
Lors d’un événement traumatique, l’intensité du stress entraîne une libération massive de cortisol et d’adrénaline qui inhibe temporairement l’hippocampe. En parallèle, l’amygdale — structure centrale de détection de la menace — devient hyperactive.
Conséquence clinique : Le souvenir ne peut pas être « daté ». Il reste stocké sous forme de fragments sensoriels et émotionnels bruts, principalement au niveau de l’amygdale, prêts à se réactiver au moindre signal associé.
La généralisation du stimulus et l’hypervigilance cérébrale
Le cerveau traumatisé devient extrêmement performant pour repérer tout ce qui pourrait évoquer le danger initial. Ce phénomène est appelé généralisation.
Un déclencheur peut être très éloigné de l’événement d’origine : une intonation de voix, une sensation interne, une luminosité. Dès qu’un élément partage une caractéristique avec le trauma, l’amygdale s’active quasi instantanément. Elle envoie un signal d’alerte au système nerveux avant même que l’information n’atteigne le cortex préfrontal (siège du raisonnement). Le patient bascule alors en mode survie : fuite, combat ou sidération.
Le défaut d’inhibition du cortex préfrontal
Chez une personne non traumatisée, le cortex préfrontal exerce un contrôle descendant sur l’amygdale pour relativiser le stimulus (« c’est un feu d’artifice, pas une explosion »).
Dans le TSPT, le défaut d’inhibition du cortex préfrontal explique pourquoi les déclencheurs traumatiques déclenchent une réaction disproportionnée, indépendamment de la compréhension intellectuelle de la situation.
C’est pourquoi les tentatives de rationalisation sont souvent inefficaces au moment du déclenchement. Dans le TSPT, le défaut d’inhibition du cortex préfrontal explique pourquoi les déclencheurs traumatiques déclenchent une réaction disproportionnée, indépendamment de la compréhension intellectuelle de la situation.
déclencheurs du TSPT
Pourquoi les déclencheurs du TSPT échappent à la volonté consciente
Le déclencheur active directement les circuits de survie avant toute intervention du raisonnement conscient. C’est pourquoi :
- Se rassurer mentalement est souvent inefficace sur le moment.
- « Relativiser » peut accentuer le sentiment d’échec.
- Les symptômes persistent malgré une bonne compréhension intellectuelle du trauma.
Le travail thérapeutique doit donc s’adresser aux réseaux de mémoire implicite et aux réponses automatiques du système nerveux.
déclencheurs du TSPT
Conséquences cliniques des déclencheurs traumatiques
Cette désynchronisation cérébrale explique deux symptômes majeurs :
- L’atemporalité : Le corps et les émotions réagissent dans l’« ici et maintenant », même si la personne sait intellectuellement que l’événement est passé.
- La somatisation : L’activation du système nerveux autonome entraîne des manifestations immédiates (tachycardie, sueurs, oppression thoracique) qui ne peuvent être stoppées par la seule volonté.
déclencheurs du TSPT
Stratégies d'adaptation : ce qui aide et ce qui entretient le TSPT
Ce qui aide (Régulation) | Ce qui entretient (Sur-adaptation) |
Identifier les déclencheurs pour réduire la confusion. | Évitement systématique (empêche la désactivation des circuits de peur). |
Ancrage corporel (respiration, contact avec le sol). | Sur-contrôle cognitif (rationalisation forcée). |
Réduction de l’auto-culpabilisation. | Lutte contre les symptômes (augmente la tension). |
Thérapies ciblées (EMDR, ICV, TCC spécialisées). | Hyper-adaptation relationnelle. |
déclencheurs du TSPT
Le travail thérapeutique face aux déclencheurs du Trouble de Stress Post-Traumatique
L’objectif n’est pas d’apprendre au patient à « se contrôler », mais de restaurer une communication fonctionnelle entre les zones cérébrales :
- Désensibiliser l’amygdale : Réduire progressivement la réponse d’alerte (EMDR, exposition graduée).
- Renforcer le cortex préfrontal : Développer des capacités d’auto-observation pour retrouver une marge de manœuvre.
- Recréer une narration : Transformer les fragments sensoriels en un récit cohérent inscrit dans le passé (rôle de l’hippocampe).
déclencheurs du TSPT
Conclusion : apaiser les déclencheurs et restaurer la sécurité interne
Aller mieux ne signifie pas nécessairement que plus aucun déclencheur n’existe, mais que le système nerveux se transforme : les réactions sont moins intenses, plus brèves, et le sentiment de sécurité revient plus rapidement.
Travailler sur les déclencheurs du Trouble de Stress Post-Traumatique, c’est permettre au cerveau de distinguer clairement le passé du présent, et de restaurer une régulation neurobiologique plus sécurisante.
A lire aussi :
👉 Découvrez ce qu’est un psychotraumatisme, ses symptômes, ses différentes formes (TSPT, TSPT complexe) et les approches thérapeutiques efficaces pour apaiser la mémoire traumatique et restaurer un sentiment de sécurité intérieure.
👉 L’intégration du cycle de la vie – LI ICV : conçue par Peggy Pace en 2003, est une méthode thérapeutique psycho-corporelle qui permet de traiter les informations perçues lors d’événements vécus sans retraumatiser.
👉 L’EMDR est une thérapie reconnue pour traiter ces blessures psychiques. Mais en quoi consiste-t-elle exactement ? Comment fonctionne-t-elle ? Et surtout, à qui s’adresse-t-elle ?
👉 Comment choisir un psychologue ? : Découvrez 6 conseils essentiels pour bien choisir votre psychologue et construire une relation thérapeutique solide, adaptée à vos besoins.
PS : Ce que je vous partage dans ces articles de blog sont des ressources que je donne en séances et/ou en devoirs à la maison. Mon objectif est de vous les partager pour vous familiariser avec les principes des TCC et vous permettre de comprendre leur fonctionnement. Bien que ces ressources puissent suffire à améliorer votre bien-être, certaines personnes peuvent avoir besoin d’un accompagnement plus personnalisé et de soutien pour les mettre en pratique. Si vous êtes dans cette situation, je vous encourage vivement à consulter.